Style de vie

J’adore la Pologne!

Cela fait maintenant plusieurs fois que je vais en voyage en Pologne avec Karolina, qui est polonaise et je pense qu’il est temps de vous donner mon “sentiment” sur ce qu’est ce pays aujourd’hui. En effet dans tous les médias français, dès lors qu’on entend parler de la Pologne c’est le plus souvent pour qu’après une minute on revienne sur la seconde guerre mondiale et ses ravages, sur le ghetto de Varsovie ou bien Auschwitz.

Idem quand on entame une conversation avec des amis, la plupart ignorent tout ce pays et eux aussi reviennent inlassablement sur cette époque noire comme si ce pays européen moderne et ses habitants était condamné à jamais à revivre une guerre maintenant terminée depuis 73 ans déjà !

Et je dois dire que moi comme ma compagne nous sommes un peu fatigués par cet état de fait. Alors je vais profiter de cet espace pour vous parler un peu de la Pologne d’aujourd’hui, en tous cas celle que je connais.

D’abord je préfère préciser que ma mère et mes grands parents maternels sont polonais, arrivés au début de la seconde guerre mondiale en France, ma mère et son frère n’ont jamais parlé un mot de Polonais ( ou en tous cas ses parents ont tout fait pour qu’elle s’intègre en France jusqu’à leurs donner des prénoms bien français, Raymonde et Christian ). Moi même je ne connaissais strictement rien à ce pays à part que finalement je suis à 50% polonais aussi par ma mère.

A une époque où on nous parle sans cesse d’assimilation à grands renforts d’émissions tentant de mettre sur le même plan les italiens arrivés au 19e siècle, les portugais, les polonais, les maghrébins et les africains c’est un détail à mon avis notable. Fin de la parenthèse.

Concernant le premier point à savoir la remise sur le tapis permanent de la seconde guerre mondiale, des ghettos, des camps, allant jusqu’à en faire une forme de tourisme permanente ( et selon moi plus nauséabonde qu’autre chose ) ou alors mieux encore, faire tourner les touristes dans des parcours clichés kitchs de l’ère soviétique, en traversant les villes à bord de vieilles Traban 601 ça relève là aussi d’un folklore bien loin de la réalité quotidienne des polonais.

Beaucoup de polonais que je connais, à commencer par ma compagne, Karolina, sont exaspérés qu’on les cantonne ces images négatives alors même qu’elles sont nés bien après tout cela et n’ont rien connu de ces horreurs si ce n’est dans les livres d’histoire comme tout un chacun.

Mettez vous à la place de ces gens : Vous aimeriez que dès qu’on aborde la France, on vous parle du débarquement en Normandie ou des Tranchés de 14-18 à Verdun ??? comme si tout cela remontait à la semaine dernière et qu’il n’y avait que ces seuls sujets à aborder ? Je ne crois pas. Et pourtant c’est le quotidien de tous les polonais, dans le monde entier, la guerre, la guerre et encore la guerre !

La réalité est qu’en effet, le pays est sorti ravagé et en ruines de ce conflit, mais à la limite, comme beaucoup d’autres pays dont la France et l’Angleterre ou même l’Allemagne finalement !

C’est pourtant le seul à qui on ne fait que rabâcher l’histoire non stop et qui serait bloqué sur pause depuis cette époque. C’est vrai que la Pologne à la fin de la 2e guerre mondiale n’a pas eu beaucoup de chance, après s’être fait massacrer par les troupes d’Hitler, c’est Staline qui a pris le relais en achevant de détruire ce qui restait debout, de tuer tous les opposants encore en vie et de violer les femmes, y compris les religieuses dans les campagnes.

Quand je pense que quand j’étais jeune dans les années 70, les idoles de mon père, (communiste dans l’âme et syndicaliste dans la sidérurgie) , les Yves Montand et autres Sartre, vouaient un culte à l’URSS et à son bourreau de leader qui ne valait pas mieux qu’Hitler, en en faisant l’apologie et la propagande,  c’est une sérieuse ironie du sort !

Il est à noter qu’on ne voit pas autant de documentaires et rappels des atrocités commises par les communistes de l’époque que de rappels au martyrs du ghetto et des camps et pourtant je n’ai pas l’impression que les rafles idéologiques, ou le goulag aient beaucoup à envier à leurs illustres prédécesseurs.

Toujours est-il que pour la génération de ma compagne, née en 1983, sa réalité c’est la fin de cinquante ans de communisme, et l’entrée du pays dans une ère moderne et capitaliste dès le début des années 90 puis dans l’UE en 2004.

Et quel fulgurant appétit de rattraper les années perdues ! en seulement 2 ou 3 décennies, le pays s’est radicalement transformé au point qu’un touriste lambda comme moi, qui traverse les villes ou les campagnes, la montagne comme je l’ai fait, y voit actuellement une population hyper active, de profond bouleversements économiques rapides  qui se matérialisent par des constructions très rapides de bureaux, zones commerciales, rénovation des vieux quartiers, logements neufs un peu partout, de Poznan à Varsovie en passant par Wroclaw ou bien Cracovie. Aujourd’hui il ne reste plus une trace ou stigmate de la guerre, bien loin des préoccupations d’une jeunesse qui a soif de culture, de progrès social et économiques.

Ma compagne a suivie un cursus de plusieurs écoles des beaux arts en Pologne mais également en France, et elle a ensuite travaillé dans l’univers de la publicité. Les agences en Pologne n’ont rien à envier à celles de leurs homologues français, britanniques ou allemands, et d’ailleurs les grands noms comme Havas, Publicis ou Saatchi & Saatchi y sont implantés.

J’ai pu rencontrer beaucoup de jeunes qui travaillent principalement dans les grandes villes, cadres dynamiques dans les ressources humaines, créatifs en agences, musiciens, créateurs de mode… et franchement, quand on voit la qualité de leur travail, la richesse et l’étendue de leur culture, on ne peut être émerveillée par ce que le pays a accompli en sachant justement d’où il vient et à quelle vitesse il s’est transformé.

On nous parle sans cesse de la dette de 100% du PIB en France, de 130% du PIB en Italie, mais savez vous qu’en Pologne elle n’est que de 54% du PIB Polonais ? Savez vous aussi que le taux de chômage polonais est parmi l’un des plus bas d’Europe à seulement 5,8%;  loin devant la France ou même la Suède, et qu’il tend encore à baisser ?

Je vous invite à revoir l’émission “Le dessous des cartes” qui avait consacré un des ses épisodes à ce pays et son potentiel en 2012. C’est un véritable performance quand on sait que la Pologne n’a intégrée l’UE qu’à partir de 2004 !

C’est de cela dont les polonais aimerait qu’on leur parle aujourd’hui et pas des 50 ans de domination russe ( avec les ravages qui l’accompagne ) ni de la seconde guerre mondiale ! Ce pays est maintenant tournée vers l’avenir et ses habitants aimeraient bien que ça se sache pour retrouver un peu de leur fierté et dignité nationale bien mérités.

Sur le plan culturel, gastronomique, architectural, le pays est en plein renouveau tout en honorant ses origines. Les villes regorgent de spectacles, le théâtre ou le cabaret y sont très vivants, les auteurs, réalisateurs de films sont brillants certains directeurs de la photographie ont fait carrère à Hollywood, et les jeunes créateurs dans tous les domaines fourmillent d’idées neuves.

La gastronomie polonaise gagne vraiment à être connue, j’ai gouté des vins étonnants et qui n’ont rien à envier à ceux d’Alsace par exemple, ou encore des plats traditionnels revisités par des chefs qui en ont fait de véritables chefs d’oeuvre de modernité. C’est bien simple, je n’ai pas encore trouvé un seul mauvais restaurant dans ce pays, donc soit j’ai une chance énorme, soit les polonais savent cuisiner ! Vu les talents de ma compagne à ce niveau, je pense plutôt à la 2e option.

Un des plus beaux exemples que je puisse nommer c’est cette galerie commerciale immense à Poznan, dans une atmosphère industrielle elle est pour moi une véritable oeuvre d’art en soi, et un modèle à suivre pour tous. Imaginez un lieu ouvert, des grands plafonds, pas une enseigne, pas un panneau disgracieux mais à la place des aires ou prendre un thé, des œuvres d’art qui jalonnent les allées ou bien accrochées aux plafonds, et bien sur des centaines de magasins mais parfaitement intégrés à ce cadre, si bien qu’à aucun moment on ne se sent oppressé par eux, et je me suis pris à aimer y faire du shopping, moi qui normalement déteste cela ! Il faut dire qu’au delà d’y trouver les classiques franchises qu’on trouve partout en Europe, on y trouve aussi des magasins purement polonais où j’ai pu m’acheter des vêtements et chaussures vraiment originaux, ou encore des ateliers de bijoutiers incroyablement innovants avec des pièces tellement belles qu’on aurait envie de partir avec tout le stock !

Et pour les amateurs de technologie comme moi, quel étonnement à Noël dernier de trouver un magasin qui possédait 5 exemplaires du dernier NIKON D850 alors en rupture de stock partout ailleurs en Europe ! J’ai pu le tester en magasin sans aucun souci et son prix était identique à celui annoncé en France.

Tiens puisqu’on parle de prix, sachez que la monnaie locale en Pologne, c’est le zloty, vu que le pays n’a pas adhéré à la zone euro (et n’en est pas mort d’ailleurs, gardant le contrôle de son taux de change en fonction de la conjoncture ) en gros 1 euro = 4.2 zlotis. Ce taux de change assez favorable à l’euro et des salaires polonais biens plus bas qu’en France font que le coût de la vie pour un touriste français est très attractif. En gros si un français gagne 2000€ et bien un Polonais va gagner 2000 zlotis pour faire simple, 4 fois moins à compétences égales. Mais bon, tout est à l’avenant. On comprend mieux que des enseignes comme Castorama, Brico dépôt et plein d’autres délocalisent leurs services comptables ou juridiques d’autant que trouver une main d’oeuvre très qualifiée est assez facile, les universités étant très performantes.

Le niveau de vie local étant plus bas, globalement, les prix des biens, restaurants le sont aussi, sauf pour certains biens comme les voitures neuves, ordinateurs qui représentent un coût souvent prohibitif pour la moyenne polonaise. N’allez pas croire pour autant que les polonais roulent tous dans de vieilles épaves, la première Ferrari FXX que j’ai vu, et bien c’était à Varsovie et elle portait des plaques polonaises. Le nombre de berlines allemandes sur les routes est d’ailleurs impressionnant, il faut dire que l’Allemagne est frontalière du pays et que Poznan- Berlin c’est 3h par l’autoroute. Toujours du point de vue d’un touriste français, du fait de ce taux de change et des salaires moyens, la majorité des restaurant est très abordable.

En tous cas si je dois trouver quelques mots pour résumer mon impression générale quand je pense aux villes de Pologne et aux gens que j’ai rencontré là bas, il me vient : propreté, sécurité, espace , accueil, gentillesse, sourires. C’est peut être une opinion fausse ou biaisée mais c’est ce que je ressens, des gens charmants, ouverts, des villes qu’on a envie d’explorer et un pays où une fois qu’on y est allé, donne envie d’y retourner rapidement ! Je vous invite à en faire l’expérience par vous mêmes pour vous faire votre propre opinion et enfin sortir des clichés et stéréotypes réducteurs au sujet de ce magnifique pays.


Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

MON HISTOIRE DU CHÂTEAU DU PAYRE, OU COMMENT MIGRER ET VIVRE DANS UN CHÂTEAU ET CRÉER UNE MARQUE DE VIGNOBLE AVEC TOUT CELA?

L'histoire du Château du Payre est une coïncidence et un grand bonheur que je les ai aidés tous les deux.

Na tej stronie internetowej używamy cookies na urządzeniu użytkownika. Pliki cookie są zazwyczaj wykorzystywane w celu umożliwienia prawidłowego funkcjonowania strony (pliki cookie techniczne), generowania raportów użytkowania przeglądarki (pliki cookie statystyczne) oraz reklamowania naszych treści na blogu. Możemy bezpośrednio korzystać z plików cookie o charakterze technicznym, ale użytkownik ma prawo do podjęcia decyzji o włączeniu lub nie włączania plików cookie o charakterze statystycznym i profilowania. Włączając te pliki cookie, pomagasz nam zapewnić Ci lepsze doświadczenia.